L’INTERNET EST UN BIEN COMMUN. ON POURRAIT MÊME DIRE : UN PATRIMOINE COMMUN DE L’HUMANITÉ. AUCUNE SUPERPUISSANCE DU NET N’EST LÉGITIME À LE PRENDRE EN OTAGE POUR EN TIRER DES SUPERPROFITS.

Depuis quelques jours, Facebook limite à deux par mois le nombre de publications contenant un lien externe que certaines pages professionnelles peuvent diffuser. Pour retrouver une capacité normale de publication, les structures concernées sont invitées à souscrire à une nouvelle offre payante.

Le Bourges FC subit désormais directement cette restriction inégalement imposée selon les pages professionnelles. Ces derniers jours, nous n’avons pas pu partager sur notre page les liens permettant de suivre en direct les rencontres de notre équipe de National 1 et de notre équipe de Seconde Ligue féminine. Nous ne pouvons pas davantage programmer normalement la publication de notre article consacré au débriefing du week-end.

Cette situation est inacceptable.

Partager un lien vers son propre site internet, une billetterie, un article ou la retransmission d’un match n’est pas un privilège. C’est l’une des fonctions les plus élémentaires du Web et un outil indispensable à l’information de nos licenciés, de nos bénévoles, de nos partenaires et de nos supporters.

Depuis des années, les clubs, les associations, les entreprises, les médias et les créateurs produisent gratuitement les textes, les photos et les vidéos qui font vivre Facebook. Ces contenus captent l’attention des utilisateurs, suscitent des interactions et contribuent directement aux revenus publicitaires de la plateforme.

Après avoir tiré profit de ces contenus et encouragé les organisations à y construire leurs communautés, Meta cherche désormais à leur faire payer l’accès à leurs propres abonnés. Restreindre artificiellement une fonction essentielle avant de proposer de la rétablir contre un abonnement ne constitue pas un progrès : cela s’apparente à un véritable chantage commercial.

Facebook ne se contente plus d’héberger une partie du Web. La plateforme tente progressivement d’en contrôler les portes d’entrée et de faire payer ceux qui souhaitent en sortir. Cette logique contribue à enfermer les utilisateurs dans un espace privé, gouverné par les seuls intérêts économiques d’un groupe mondial en situation de domination.

Elle pénalise en premier lieu les clubs amateurs, les associations, les petites entreprises, les médias indépendants et toutes les structures qui ne disposent pas de budgets extensibles.

Le Bourges FC refuse de considérer comme normale cette nouvelle marchandisation de l’accès à l’information par des entreprises qui ne produisent rien d’autre qu’une coquille vide que nous, créateurs de contenus, remplissons gratuitement. Nous dénonçons fermement ce péage numérique et appelons Meta à supprimer immédiatement cette limitation.

Nous invitons également nos supporters à ne plus dépendre exclusivement des algorithmes et des décisions commerciales des plateformes. Le site officiel du Bourges FC, notre chaîne YouTube et nos autres espaces d’information doivent redevenir des points d’accès directs à l’actualité du club.

 

Jean-Michel Pinon

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